Selon un rapport publié le 11 septembre 2009 par Allen & Overy, un an après la faillite de la banque Lehman Brothers, les marchés financiers mondiaux se recentrent sur les fondamentaux, adoptant une approche plus prudente en matière de conclusion d'opérations et d'analyse des risques.
Le rapport, qui reflète l'opinion des associés d'Allen & Overy dans vingt pays sur les nouvelles pratiques de marché dans leurs juridictions, relève :
En substance, les opérateurs négocient davantage et s'efforcent d'évaluer et de gérer leurs risques prudemment dans un environnement de marché toujours incertain.
Le rapport, élaboré par Philip R. Wood QC (« Special Global Counsel » d'Allen & Overy), montre qu'à l'heure où les autorités de tutelle et les politiques continuent de débattre sur la réforme du système financier, le marché a commencé à réagir aux événements récents en opérant de façon beaucoup plus prudente en ce qui concerne les transactions et les contrats même si le volume d'affaires a notablement diminué dans certains secteurs.
« Notre rapport montre que, outre la hausse des prix et un effet de levier moindre, les termes des documents juridiques sont devenus nettement plus contraignants. Néanmoins, les événements récents n'ont pas engendré de révolution dans les termes ou procédures de conclusion des documents de crédits syndiqués ou des émissions obligataires, ni de réévaluation fondamentale des conditions extra-financières ».
« Sans surprise, les banques ont intensifié les procédures de gestion des risques juridiques de leurs opérations avec des contreparties, tout comme leurs autorités de tutelle. En dehors d'une certaine nervosité ressentie au niveau de l'analyse de crédit, elles se sont concentrées sur trois mesures clés de réduction des risques : la compensation et son corollaire la résiliation-compensation, les sûretés, et la fiducie (trusts) (généralement sous forme de dépôt de titres) ».
« Le nombre de restructurations et de réorganisations de sociétés en difficulté est en évidente augmentation. De ce fait, de très nombreuses personnes sont maintenant confrontées à toutes les complications, désordre et procédures consommatrices de temps qu'implique une restructuration. Notre rapport passe en revue les tendances du marché en matière de « pre-packs » (opérations structurées) et de conversions dette en capital et tente de savoir si la présence de CDS (« Credit Default Swaps ») complique les restructurations.
Les principales conclusions de l'analyse concernent les activités suivantes : Prêts, Gestion des risques, Marchés de capitaux et Restructurations :
Prêts
Cette situation reflète l'activité accrue des autorités de tutelle partout dans le monde après les critiques soulevées par la crise financière.
Hormis ces changements, les marchés obligataires semblent avoir conservé leurs pratiques habituelles.
Les conventions ont un rôle clé sur ces marchés.
Restructurations
Cela tient notamment au fait que de nombreuses restructurations ont porté sur des transactions à fort effet de levier dépourvues de protection de CDS. Il se peut aussi que la réorganisation ait été structurée de façon à ce que la protection des CDS soit déclenchée techniquement, ce dont le détenteur des CDS se réjouit. Enfin, le détenteur de CDS a parfois pris d'autres expositions dénuées de protection qu'il souhaite sauver par le biais d'une participation dans la réorganisation.