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FORMATIONS ET SALAIRES DES JEUNES JURISTES


L'Association Française des Juristes d'Entreprise a réalisé une première enquête portant sur le thème " Formations et Salaires des Jeunes Juristes ". Cette enquête permet à la fois de mieux connaître la population des jeunes juristes, mais aussi les formations suivies, les stages, la recherche d'emploi, l'entrée sur le marché du travail, ainsi que ses attentes et ses niveaux de salaires.

La présente enquête a été conçue et menée par la Commission Jeunes Juristes de l'AFJE de mai à septembre 2001, par l'intermédiaire d'un questionnaire adressé aux adhérents de l'Association. Les résultats reposent sur l'exploitation de 150 questionnaires retenus parmi les 235 collectés.

La population des juristes juniors est définie comme celle totalisant moins de trois ans d'expérience professionnelle, acquise quelle que soit la nature de leur relation contractuelle avec leur employeur sein d'une entreprise privée.

Les juristes ayant renseigné l'enquête sont majoritairement (50,6%) des juristes totalisant 3 ans d'expérience, les tranches 0/1 an (15,3%), 1/2ans (14,6%), 2/3 ans (19,5%) représentant le reste.-----L'enquête en quelques chiffres...
70 % des juristes juniors sont des femmes.

82 % des juristes juniors ont un niveau bac +5.

2,5 % des juristes juniors sont titulaires du CAPA.

23 % des personnes interrogées ont une double formation.

22 % des jeunes juristes sont titulaires d'un diplôme étranger.

90 % des juristes juniors ont effectué au moins un stage professionnel.

8,5 % des jeunes juristes ont déjà travaillé en intérim.

84 % des juristes juniors ont le statut cadre.

84 % des jeunes juristes sont en CDI.

25 ans est l'âge moyen d'entrée dans la vie active.

74 % des juristes juniors trouvent leur premier emploi en moins de 6 mois.-----La répartition hommes (30%) / femmes (70%) de la population étudiée rend compte de la féminisation importante et croissante rencontrée dans les professions juridiques, notamment chez les juristes d'entreprise. La population interrogée est fortement diplômée puisque plus de 82 % des juristes ont un bac plus 5. Les personnes interviewées privilégient à 80 % le DESS (20% suivent un DEA) comme 3ième cycle. En outre, la population féminine est proportionnellement plus qualifiée que les hommes, cette tendance étant confirmée par le pourcentage de femmes titulaires d'un bac + 6 (96 % contre 81 %). Sans surprise, l'université demeure le lieu traditionnel d'enseignement des matières juridiques (pratiquement 100%). De fait, le Certificat d'Aptitude à la Profession d'Avocat ne semble pas être une priorité dans la formation du juriste puisque seuls 2,5 % des jeunes juristes en sont titulaires. Par ailleurs, il faut relever que ce pourcentage est constitué à plus de 80 % par des femmes. Un jeune juriste sur quatre (24 %) est titulaire d'une double formation, le plus généralement dispensée en école de commerce et à contenu financier marqué (gestion, comptabilité, finance). Les hommes semblent plus portés sur ces formations économiques que les femmes (30% contre 20%, atteignant même 35% chez les parisiens). De même, un jeune juriste sur cinq (22,6 %) déclare être titulaire d'un diplôme étranger, très souvent un LLM obtenu au Royaume-Uni.-----Plus de 82 % des jeunes juristes déclarent avoir une pratique professionnelle courante de l'anglais, tandis qu'ils sont 77 % à avoir déjà séjourné à l'étranger, pendant une durée généralement comprise entre 6 (52%) et 12 mois (28%). Les destinations sont, une fois sur trois, les pays anglo-saxons (RU et USA). Ces séjours ont majoritairement pour but la poursuite d'études (48%), le travail (24%) et les séjours linguistiques/vacances (28%).-----Une majorité de juristes juniors (48%) a bénéficié d'une session de formation continue juridique au cours des 6 derniers mois. Pendant cette même période, la même proportion (48%) a bénéficié d'une formation non-juridique, axée notamment sur la comptabilité (25%), l'informatique (21%) et l'anglais (15%). -----La quasi-totalité des personnes interrogées (92%) déclare avoir effectué au moins un stage en entreprise.
La durée moyenne d'un stage est de 3 mois et varie généralement entre 2 et 4 mois. Les stages d'une durée supérieure à 4 mois se font plus rares.
Par ailleurs, le nombre moyen de stages effectués avant d'entrer dans la vie active est de trois. Corrélées, ces moyennes chiffrées signifieraient qu'un juriste junior totalise, lors de son entrée sur le marché du travail, d'une expérience acquise au cours des stages, allant de 9 à 12 mois.-----En moyenne, le juriste junior entre dans le monde du travail entre 24 et 27 ans, le plus souvent vers 25 ans. Parmi la population des juniors, 75 % accèdent à leur 1er emploi en moins de 6 mois, 25% entre 6 et 12 mois. Le statut cadre octroyé lors de l'embauche concerne 84 % des jeunes juristes. Toutefois, il est à noter que, même si à Paris et en région parisienne, aucune différence n'est à relever entre les femmes et les hommes (90% et 91%), la différence est plus marquée en province, où les femmes (80%) accèdent plus difficilement au statut cadre que les hommes (95%).-----Pour 64% des personnes interrogées, le poste occupé n'est pas le 1er emploi.
Compte tenu de l'expérience professionnelle de la moitié des juristes, on peut se demander si 3 ans ne correspondrait pas à la durée d'un premier poste. Cette assertion pourrait être confirmée par les pourcentages relevés à Paris et sa région, où respectivement 73,5% des hommes et 68,5% des femmes ont répondu par la négative à la question " votre emploi actuel est-il votre 1er emploi ? ".
Le marché du travail parisien et de sa région pourrait ainsi favoriser la mobilité des jeunes.-----La nature du contrat de travail est généralement un CDI dans 85% des cas (dans 89% des cas pour les hommes et dans 81% des cas pour les femmes). Il est à noter que cette différence entre les réponses des hommes et des femmes, que ces derniers habitent Paris ou la province demeure, en dépit du niveau plus élevé de diplômes décernés aux femmes. Quant au nombre de CDD décroché avant de passer en CDI, son nombre varie en moyenne de 1 (44% des cas) à 2 (33 %). Parmi les 12% des juristes qui ont dû obtenir 3 CDD avant de décrocher un CDI, le plus grand nombre se trouvait à Paris. Peut-on y voir le pendant de la mobilité dont bénéficient les juniors à Paris ? Le temps resté en CDD varie entre 6 et 9 mois, mais dépasse rarement 12 mois. L'intérim juridique ne recueille pas les faveurs des juniors. Ils ne sont que 8,5% à y avoir eu recours. Ni celles des entreprises lesquelles veulent des juristes opérationnels le plus vite possible. Dans 85% des cas, le junior a le titre de " juriste d'entreprise " ; dans 12% des cas, il est " assistant juridique ". L'effectif moyen composant l'entreprise au sein de laquelle travaille un juriste junior est, soit moins de 500 personnes (40% des cas) soit de plus de 2.000 personnes (40%). Sans surprise, le juriste junior travaille dans le secteur tertiaire dans 75%, le secondaire et le primaire n'employant que respectivement 23 % et 2 %. Pour leur recherche d'emploi, les personnes interrogées privilégient très largement (75%) l'APEC et les journaux, qu'ils soient nationaux ou régionaux. De plus, Internet est, avec mais après l'APEC, le moyen le plus efficace de trouver un emploi. Parmi les centres d'intérêt qui poussent le junior a rejoindre une entreprise, nous retrouvons l'intérêt du poste, puis les perspectives d'évolution, viennent ensuite la rémunération et enfin la renommée de l'entreprise. L'activité majeure d'un juriste junior, c'est à dire celle qui occupe plus de 50% de son temps, est constituée par le droit des sociétés et le droit des contrats.-----Fourchette moyenne des salaires (en KF, hors intéressement, participation, bonus, stock options et autres avantages).-----
Débutant
1
an
2
ans
3
ans
Paris Hommes
170 / 180
170 / 180
200 / 210
240 / 250
Paris Femmes
170 / 180
180 / 190
190 / 200
240 / 250
Province Hommes
160 / 170
170 / 180
190 / 200
220 / 230
Province Femmes
130 / 140
160 / 170
160 / 170
170 / 180
-----Axelle de BORGER
Déléguée Générale de l'AFJE
Tél : 01 46 37 49 46
e-mail : adeborger@afje.org

Olivier KOCH
Commission Jeunes Juristes
Tél : 01 40 66 13 42
e-mail : koch@louisdreyfus.fr

Enquête réalisée par l'Association Française des Juristes d'Entreprise


Date de dernière mise à jour : 08/01/2009 - 3:10 PM


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