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Les compagnies aériennes appelent les nouvelles technologies à leur secours et généralisent le billet électronique.

Avocat aux barreaux de Bruxelles et Paris (cabinet ULYS) - Chargé de cours à l'Université
Etienne Wery

L`IATA a réunit à Singapour plus de 700 dirigeants de compagnies aériennes. On sait que celles-ci traversent une période difficile (attentats, SRAS, Irak, crise économique, prix des carburants, etc.), et le but avoué était de réfléchir sur les moyens d`augmenter la rentabilité. L`une des décisions majeures annoncées consiste à (1) généraliser dans le monde le billet électronique, et (2) utiliser les nouvelles technologies au maximum pour diminuer les coûts. La date-limite a été fixée à fin 2007.-----Giovanni Bisignani, grand patron de la International Air Transport Association (IATA) a été clair : "We will drive paper tickets out of the system, reduce airline costs and at the same time improve customer service".

La mise en oeuvre est moins simple qu`il n`y paraît. Toutes les compagnies rêvent du billet électronique, mais il y a loin de la coupe aux lèvres. C`est que le papier permet aux compagnies d`émettre des billets pour le compte d`autres compagnies, ce que l`électronique ne permet pas à ce stade pour cause d`incompatibilité des systèmes informatiques.

Exemple : un passager va chez Air France et prend un billet pour un aéroport secondaire en Inde. Air France émet son billet Paris-Delhi, mais elle lui remettra aussi un billet pour une compagnie locale qui assurera le second vol.

Avec le billet papier, c`était assez simple à réaliser grâce aux accords qui lient les quelques 250 membres de l`IATA : des codes internationaux, un système de réservation global, une bonne imprimante, et hop ! le tour est joué.

Avec l`électronique c`est autre chose : il faut que la compagnie indienne puisse lire le billet émis à Paris, que l`aéroport local soit aussi équipé d`un lecteur compatible, que les intermédiaires aient la même possibilité, que les agences puissent aussi accéder au billet pour le modifier si nécessaire, etc. Et là, la situation se corse : chaque compagnie possède son système et peu sont compatibles. En outre on imagine mal que chaque aéroport soit équipé d`une batterie de bornes électroniques pour les dizaines de systèmes différents. Ceci est tellement vrai que certaines compagnies qui sont déjà passées à la billetterie électronique ont préféré rompre leurs accords d`émission avec les autres compagnies qui ont refusé de mettre leur système en concordance. Dernièrement, un major américain a ainsi rayé de sa liste 50 compagnies qui ne pouvait pas assurer la compatibilité : les économies de l`électronique ont été jugées plus importantes que le chiffre généré par l`émission pour compte de ces 50 compagnies réfractaires.

Sous la houlette de l`IATA et de la fédération World Air transport, c`est donc un système mondial interopérable qui va être mis au point.-----Depuis longtemps, l`IATA a développé un programme de simplification des charges administratives liées au transport, qui recourt intensément aux nouvelles technologies (biométrie notamment). Ce programme, baptisé "Simplifying Passenger Travel" ou SPT a pour objectif premier de fluidifier le trafic voyageurs tout en assurant la sécurité et l`identification conformément aux exigences administratives.

Poussant plus loin le raisonnement, le congrès de Singapour a décidé de mettre le turbo sur trois autres projets :

    1. Common-Use Self-Service Check-in Kiosks (CUSS). Lié à la billeterie électronique, ce projet vise à généraliser l`auto-check-in : au lieu d`effectuer son check-in auprès d`une charmante hôtesse, le passager dialogue avec une machine qui émet sa carte d`embarquement.

    2. Bar Codes. Le but est de remplacer la piste magnétique des cartes d`embarquement par un code-barre. Outre le gain de fiablité et de rentabilité, on peut imaginer que le passager préimprime son code-barre sur son PC personnel à la maison et se présente au check-in avec son code-barre.

    3. Radio Frequency Baggage Tag Identification (RFID). Le code-barre qui identifie les bagages serait remplacé par une technologie radio (voir nos autres actualités sur des projets similaires).

Laissons le mot de la fin à l`enthousiaste patron de l`IATA : "We are well on our way achieving greater efficiency, security and convenience throughout a passenger's journey. The industry has decided on a direction and we will make this change happen".

Source: http://www.droit-technologie.org.


Date de dernière mise à jour : 08/01/2009 - 3:10 PM


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