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Des collaborateurs en quête d'implication

Ian DE BONDT, TeamRH

En ces temps difficiles, il peut paraître curieux d'aborder un thème qui met en position de choix les collaborateurs. Pourtant la fidélisation des équipes devrait être un souci constant pour les cabinets. Les aspirations, légitimes, des jeunes avocats sont parfois éloignés du métier qu'ils exercent effectivement. Il en est de même, avec des problématiques différentes, s'agissant des souhaits de collaborateurs plus expérimentés.

Le collaborateur junior et son besoin d'implication

La spécialisation du métier d'avocat est aujourd'hui inévitable. Elle ne doit pas devenir synonyme de cloisonnement des départements et les cabinets ont tout intérêt à favoriser les échanges internes afin d'encourager une bonne formation de leurs collaborateurs.

La mono-activité que connaissent les avocats pose un problème d'autant plus criant, qu'avec la crise, certaines expertises «oubliées», notamment dans le domaine des entreprise en difficultés, redeviennent indispensables à proposer. Les jeunes collaborateurs ont très peu développé de compétences en dehors de leur spécialisation, il est donc compliqué de les repositionner alors même que la restriction des budgets empêchent un recrutement externe.
La taille de certains départements rend sans doute nécessaire une «rationalisation des tâches», mais une hyper-spécialisation n'est ni souhaitable pour la bonne formation du collaborateur, ni intéressante pour des cabinets qui doivent favoriser le cross-selling entre départements, les synergies de compétences et être capable de se réorienter lorsque le marché l'impose.

Les hauts niveaux de rétrocessions qui sont accordés ne suffisent plus à motiver des avocats dont le souhait est de valoriser leurs compétences  et non de se voir traiter comme des «secrétaires de luxe».

Le collaborateur expérimenté et sa quête de perspectives

Le statut de l'avocat libéral implique que les conditions d'exercice de son activité lui permette de développer une clientèle personnelle. Dans les faits, cela requiert un exercice de haute voltige pour les collaborateurs évoluant dans des structures imposant d'importants objectifs de facturation.

Devenir un « super collaborateur » au sein d'un cabinet est un horizon peu motivant. Arrive donc inévitablement la question des «perspectives d'évolution».

Au-delà même de la question de la clientèle personnelle qui, on peut le comprendre, peut être mal ressentie, c'est l'implication commerciale elle-même qui est souvent rejetée.

Cette réticence a des motivations diverses et certaines sont sincères dans les cabinets (pyramide des âges inversée,...), mais pose un réel problème à une profession au sein de laquelle un véritable fossé se creuse entre les «in» (associés) et les «out» (ceux qui courent après le Graal).



Date de dernière mise à jour : 08/09/2009 - 3:42 AM


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