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Témoignage de Sandrine Pégand, jeune avocate à la Cour

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Sandrine Pégand n'a pas froid aux yeux ! A 35 ans, elle fait partie des plus jeunes avocates pénalistes de France, compte déjà plusieurs affaires d'importance et a ouvert son propre cabinet. Retour sur un parcours d'exception et sur un métier qui fait toujours rêver.



Témoignage de Sandrine Pégand, jeune avocate à la Cour« Le métier d'avocat m'a toujours attirée. Très jeune, je prenais la défense de mes camarades. Certaines émissions télévisées, comme "Tribunal", m'ont donné envie d'exercer. J'admirais la prestance des avocats, leur sens de la formule, leur éloquence. Et bien entendu, leur goût de l'action et de la défense. » Pour ce faire, Sandrine Pégand passe une licence et une maîtrise de droit (carrières judiciaires), puis obtient un DEA des droits de l'homme à la faculté de Saint-Quentin-en-Yvelines. Déjà, elle remporte le concours d'éloquence René Cassin devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme !

S'ensuit l'école d'avocat et un premier stage en cabinet. Sa première affaire médiatique, elle la plaide au bout de six mois, en défendant les victimes d'SOS Attentat, contre l'ETA. C'est également pendant ce procès que des journalistes de TF1 la repèrent pour faire partie de l'équipe de l'émission "Sans aucun doute", alors animée par Christophe Moulin.
« Au début je croyais que c'était de la drague, mais c'était bien sérieux ! J'ai passé un casting et j'ai été retenue. » Avant de travailler pour le sulfureux avocat Karim Achoui, condamné et acquitté en appel dans l'affaire Ferrara. « Il m'a fait totalement confiance, j'ai pu reprendre l'ensemble de ses dossiers. Malgré sa réputation, il reste un avocat exceptionnel et je suis très fière d'avoir travaillé à ses côtés. »

La force de Sandrine Pégand ? Sa détermination et son ambition. Un an à peine après avoir prêté serment, elle décide de monter son propre cabinet avec un collègue associé et 48 000 euros d'apport. « J'avais envie d'être indépendante sans travailler seule. Je conseille à tous les jeunes avocats de croire en eux, de mettre de l'argent de côté et de se lancer ! »

Aujourd'hui, elle traite toutes les affaires de droit pénal, principalement des délits (escroqueries, vols, agressions sexuelles...), mais également des crimes (bandes organisées, associations de malfaiteurs...) et quelques dossiers de droit pénal des affaires. « J'ai également eu l'opportunité de plaider dans une affaire d'assassinat, lorsque j'ai défendu Christian Ximenes, condamné à perpétuité pour avoir décapité sa femme.

Ce genre d'affaires ne se présente généralement pas avant 15 ans de barreau ! » Son métier, Sandrine le fait avec passion et dynamisme, enchaînant les rendez-vous au cabinet et les audiences au tribunal, correctionnel principalement. Le plus fatiguant d'après elle : « courir après les honoraires ! Il y a tellement de charges quand on a un cabinet qu'il faut faire rentrer au moins 30 000 euros par mois pour les payer et ensuite se dégager un bon salaire.
D'où l'importance de se faire provisionner avant de commencer à travailler sur un dossier. » Ses projets : développer ses collaborations dans les médias, notamment dans l'émission "Toute une histoire" de Sophie Davant. « J'ai de nombreuses propositions actuellement pour la télévision et la radio, je vais devoir choisir ! »

Et quand on lui demande pourquoi les femmes restent encore peu nombreuses en droit pénal, elle affirme « ne jamais avoir ressenti ce côté machiste. Pour réussir, il faut s'imposer, avoir de l'audace, tout en conservant son côté féminin ». A l'image de sa devise : « Les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'on refuse de livrer ! ».


Date de dernière mise à jour : 17/06/2013 - 4:27 AM


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